Accueillir un chiot à la maison nécessite de veiller à son éducation en matière de propreté. Et comme pour tout apprentissage, il convient d’accompagner votre animal avec clarté, justesse, patience et bienveillance. Le chiot est, en effet, réceptif aux consignes que vous lui transmettez mais il l’est encore plus au stress et à l’agitation que vous pouvez lui montrer lorsqu’il fait ses besoins sur le tapis ! Si, généralement, un chiot devient propre vers l’âge de 4 à 6 mois, chaque animal est différent. Bien connaître votre chiot et envisager l’apprentissage de la propreté avec méthode et organisation constituent les deux principes-clés d’une éducation efficace.
L’apprentissage de la propreté chez le chiot : méthode et patience
Comme chez l’enfant, l’acquisition de la propreté chez le chiot dépend de la maturité physiologique. Si l’apprentissage doit débuter au plus tôt, la réussite de l’entreprise dépend de la capacité du chiot à se retenir pour faire ses besoins à l’endroit qu’on lui indique.
Le développement du chiot
Lorsqu’il vient au monde, le chiot ne peut pas éliminer seul : sa mère, en le léchant, stimule le processus physiologique d’élimination. Ce n’est qu’à partir de 3 semaines que ce processus devient spontané mais, pour autant, le chiot n’est pas encore capable de se retenir. Les sphincters, ces muscles circulaires qui permettent de contrôler l’ouverture et la fermeture de la vessie et de l’anus ne sont pas encore matures. De plus, vers 2-3 mois, il est tout à fait normal qu’il fasse ses besoins à seulement quelques mètres de sa panière. Entre 4 et 6 mois, selon les chiots, la maturation des sphincters devient définitive : le chiot a alors la capacité de se retenir afin de faire ses besoins à l’extérieur. Cependant, la propreté nocturne peut nécessiter plus de temps.
Commencer l’apprentissage au plus tôt par la mise en place d’une routine
Logiquement, l’apprentissage de la propreté doit débuter chez l’éleveur soucieux de transmettre les bonnes bases à ses animaux. Toutefois, il arrive que le temps passé avec chaque individu (et c’est surtout vrai pour les grands élevages) soit insuffisant pour favoriser ces premiers pas vers la propreté. Quoi qu’il en soit, une fois à la maison, au plus tôt vers l’âge de 2 mois (après le sevrage), au mieux à l’âge de 3 mois pour profiter au maximum du lien maternel, c’est à vous d’entrer en scène.
Le chien est un animal d’habitude : il est crucial de mettre en place une routine propreté en parallèle des routines repas, promenade, etc. Pour cela, prenez l’habitude, si possible, de sortir votre chiot toutes les deux heures mais aussi après chaque activité : repas, jeux, sieste, etc. Observez-le également le plus possible afin de réagir devant les signes avant-coureurs d’élimination : museau au sol, tourne en rond, se met en position, demande la porte, etc.
Soyez patient : votre chiot, avide de découvertes, va s’émerveiller devant les végétaux, les insectes, les promeneurs et les autres animaux avec lesquels il va vouloir jouer. Tentez de le détourner de ses distractions en la faisant marcher, ce qui active l’élimination. Choisissez également un endroit sans trop de stimulations. Lorsque votre chiot a fait son pipi, ne le rentrez pas directement : il ne faudrait pas qu’il associe le fait de faire ses besoins à la fin de la promenade. Continuez votre balade quelques minutes.
Accueillez votre chiot dans les meilleures conditions
En participant à l’école du chiot chez ENTRE CHIENS
Garder le chiot près de vous la nuit
Cela permet de le rassurer et en même temps, de le saisir délicatement dès votre réveil ou le sien, pour l’emmener à l’extérieur faire ses besoins. S’il s’éveille en pleine nuit, vous pouvez le sortir mais limitez les échanges pour ne pas trop l’exciter et l’amener ensuite à se recoucher.
Guider le chiot avec des consignes claires et répétées
Veillez à utiliser les mêmes mots pour indiquer à votre chiot ce que vous attendez de lui. Le traditionnel “pipi” peut être remplacé par un mot à votre convenance que l’animal associera au fait d’aller dehors faire ses besoins. Comme pour tout apprentissage, le même protocole doit être répété de façon régulière pour être intégré : ne vous découragez pas ! C’est au prix d’une grande régularité dans la fréquence et la répétition de la séquence geste/mot que vous parviendrez à votre objectif.
Féliciter et récompenser les bons comportements
Dès que votre chiot a fait ses besoins, félicitez-le chaleureusement à voix haute et, si besoin, accompagnez vos encouragements de caresses ou d’une friandise. La récompense est au centre d’un apprentissage positif : le chiot va, progressivement, associer ses “bons comportements” au plaisir d’être récompensé, ce qui va l’amener à les répéter.
Réagir rapidement si le chiot est pris en train de faire ses besoins à l’intérieur
Si vous surprenez votre chiot en train d’uriner ou de déféquer dans la maison, intervenez immédiatement en l’interrompant doucement avec un mot ou un bruit bref, comme « Non » ou « Stop ». L’objectif est de capter son attention sans lui faire peur. Ensuite, saisissez-le délicatement et emmenez-le à l’extérieur. S’il termine ses besoins au bon endroit, félicitez-le et récompensez-le. Si vous vivez en appartement et que vous n’avez pas accès immédiatement à l’extérieur, il vous est plus difficile de l’emmener rapidement. Dans ce cas, il est important d’anticiper les besoins de votre chiot en le sortant régulièrement.
L’apprentissage de la propreté chez le chiot : les erreurs à éviter
Punir le chiot
La punition n’a aucun intérêt dans l’apprentissage de la propreté. Le gronder ou lui mettre le museau dans son urine n’est pas éducatif et peut même le stresser et le bloquer dans son processus d’acquisition. Le chiot peut alors développer un comportement déviant : se cacher pour faire ses besoins afin d’éviter votre colère.
Ne pas intervenir s’il est pris “en flagrant délit” ou intervenir de façon différée
Si vous laissez le chiot finir sa petite ou grande “commission” dans votre maison, il n’intégrera pas l’interdit. De même si vous le réprimandez lorsque vous rentrez du travail alors qu’il a uriné dans la journée, il n’associera pas votre réaction à sa “bêtise”.
Nettoyer les “accidents” devant lui
C’est une erreur fréquente à éviter à tout prix ! Si vous nettoyez devant votre chiot, il peut considérer cela comme un jeu ou une marque d’intérêt pour ce qu’il a fait. Veillez donc à nettoyer en toute discrétion. Utilisez un produit sans ammoniaque ni eau de javel qui peut attirer votre animal : optez pour le vinaigre blanc.
Utiliser un tapis d’éducation
Valorisé par les fabricants, le tapis d’éducation constitue pourtant plus un obstacle qu’un facilitateur dans l’apprentissage de la propreté ! Contre-productif, il n’apprend pas à votre chiot à faire ses besoins à l’extérieur : il lui apprend simplement à uriner ou à déféquer sur un tapis. Dès lors, pourquoi s’étonner qu’il se soulage sur votre magnifique tapis marocain ? L’utilisation d’un tapis ou d’un support ne fait que retarder l’acquisition de la propreté car le chien n’a pas la capacité de symbolisation nécessaire pour comprendre le sens de cet objet. Il risque aussi d’intégrer qu’avec ou sans tapis, l’endroit dédié est celui où il était posé.
De plus, en sortant votre chiot à l’extérieur, vous lui permettez de s’habituer au substrat et de retrouver les odeurs déposées lors des mictions précédentes. Le flairage de ces odeurs familières l’amènera à uriner au même endroit.
