Perdre un animal de compagnie constitue souvent une épreuve terrible pour toute la famille. Qu’on l’ait accueilli chiot ou déjà adulte, l’attachement que l’on peut porter à un compagnon à quatre pattes est, en effet, comparable à celui que l’on porte à un proche. Votre chien a partagé tous les grands évènements de votre vie : il était à vos côtés du matin au soir. Comment, dès lors, supporter son décès ? Le temps est souvent le seul moyen d’atténuer votre peine. Toutefois, voici quelques conseils pour vous permettre de dépasser cette période difficile.
Quelles sont les phases du deuil d’un animal ?
Elles sont sensiblement similaires aux différentes phases du deuil décrites par Elisabeth Kubler-Ross à la suite de la perte d’un être humain :
- Le choc,
- Le déni,
- La colère,
- Le marchandage,
- La tristesse,
- La résignation,
- L’acceptation.
Cependant, la succession de ces différentes étapes n’est pas toujours la même et certaines phases peuvent être absentes ou très courtes. La façon de vivre un deuil diffère, en effet, selon les individus en fonction de leur histoire, de leur éducation et de leur rapport à la mort. Cela dit, le décès d’un chien et, plus globalement d’un animal de compagnie, génère une tempête d’émotions contrastées chez les adultes comme chez les enfants.
Comment combler le manque après la mort d’un chien ?
Comme le décrit si bien Cédric Sapin Dufour dans son magnifique ouvrage, Son odeur après la pluie[1], l’absence d’un animal s’inscrit en creux dans une dimension avant tout sensorielle : on ne sent plus son odeur, on n’entend plus ses griffes sur le sol, on ne caresse plus ce pelage si doux. Car si nos expériences de vie avec les humains nous font partager des mots et des fous rires, celles que l’on a avec nos animaux de compagnie relèvent avant tout de la sensation. Dès lors, pour (tenter de) combler le manque après le décès de son chien, de nouvelles sensations, de nouvelles habitudes doivent être créées.
Créez de nouvelles habitudes
Les habitudes ont ceci de terrible qu’elles nous confrontent à l’absence : chaque jour, à 18 h vous alliez promener votre chien. Et maintenant ? Tentez de mettre en place de nouvelles actions pour dynamiser cet instant si cruellement douloureux. Allez marcher, mettez-vous au running, commencez le tricot mais ne restez pas impuissant face au vide.
Communiquez autour de la perte
L’universalité du deuil le rend moins difficile : en échangeant avec des propriétaires endeuillés, par exemple, sur les forums, de plus en plus nombreux sur internet, vous partagez votre peine et tentez de mettre des mots sur l’indicible. Car il n’est pas toujours facile de disposer d’une oreille compréhensive dans son entourage.
Exprimez vos émotions
Les larmes vous montent aux yeux et vous vous dites que vous ne devez pas pleurer ou que c’est idiot ? Chassez ces idées d’un autre âge de vos pensées ! Si, par le passé, pleurer pour un chien pouvait sembler à certains étonnant car il ne s’agissait “que d’un animal”, aujourd’hui les choses ont changé. L’animal de compagnie occupe une place à part entière dans les familles et bénéficie de prérogatives qu’il ne possédait pas auparavant : un pet-sitter lors de l’absence de ses maîtres, des obsèques officielles, des textes législatifs qui visent à le protéger de l’abandon et de la maltraitance. Si vous avez besoin de pleurer, isolez-vous et laissez couler vos larmes. Il n’est jamais bon de réprimer ses émotions : elles peuvent alors se transformer en symptômes.
Comment accompagner vos enfants lors du deuil de votre chien ?
En tant que parent, on peut se sentir impuissant à consoler ses enfants face au deuil d’un compagnon canin. Pourtant, vos enfants ressentent la même chose que vous et sont capables de supporter la souffrance : avec la frustration et la colère, elle participe à leur maturation. Il est, toutefois, crucial qu’ils puissent l’extérioriser.
Ritualiser le décès de l’animal
Que votre chien soit enterré ou incinéré, un rituel d’adieux est un moment important à mettre en place en présence de toute la famille. Il peut être réalisé face à la tombe de votre animal dans votre jardin ou face à un objet symbolique (un jouet, un massif de fleurs planté pour l’occasion). Chacun, et particulièrement vos enfants, peut ainsi exprimer oralement son adieu.
Concrétiser un lieu de recueillement
Sans installer un véritable autel en hommage à votre chien, il est conseillé de mettre en place un lieu dédié où vos enfants pourront se recueillir s’ils le souhaitent. La disparition du corps de l’animal peut rendre, en effet, difficile l’abstraction du deuil surtout pour les plus jeunes. Un simple cadre avec la photo de l’animal posé près d’une bougie ou d’un petit vase fleuri sur un meuble est tout à fait adéquat.
Transmettre ses affaires de façon symbolique
Pas facile, pour vos enfants, de vous voir glisser les affaires de votre chien dans un grand sac. Proposez-leur de les rassembler pour les apporter tous ensemble au refuge le plus proche afin qu’ils continuent à “vivre” dans les pattes d’autres amis canins. Cette transmission symbolique allégera leur douleur.
Les encourager à exprimer leur chagrin
Les enfants peuvent craindre de se laisser aller à pleurer devant les autres enfants ou les adultes. Encouragez-les, s’ils en ressentent le besoin, à s’isoler pour laisser couler leurs larmes. Ils ne doivent pas associer pleurs et fragilité.
Faut-il attendre avant d’accueillir un nouveau chien ?
Il n’y a pas de réponse toute faite à cette question. Certains propriétaires d’animaux jurent qu’ils n’en prendront plus, d’autres choisissent la solution d’adopter un nouveau chien. Personne ne peut juger ces décisions. Il est simplement conseillé, comme pour un premier chien, de bien réfléchir en amont et de prendre en compte les différents critères de choix pour votre futur chien, de façon à ne pas réaliser un achat compulsif.
Il est aussi important de bien distinguer le chien décédé et le nouvel arrivé : évitez de lui donner le même prénom même s’il est suivi d’un II (exemple : Médor II) et d’utiliser les mêmes jouets et accessoires. Le nouveau venu doit être accueilli pour ce qu’il est avec sa personnalité : il est illusoire et même contre-productif de chercher à le faire ressembler au premier.
